act 323 · phil von · blind ballet · cd

tracklist:
01. chien et loup?
02. bleeding caress
03. chip chop
04. lost ballet
05. blind crystals
06. taire
07. loss of balance
08. 2 lovers on 1 string
09. wire dancer
10. feu
11. without wings
12. pindal (para luz)

upc 821272214625
release date: 17.april.2015

an ant zen / von magnet records production.
packaging: 4 panel digipak

magic synth on bleeding caress by def, sounds on blind crystals by jérôme soudan.
mix, sound production & mastering by norscq.
photos & design by emilie salquèbre. layout by stefan alt.

a blind man feels his way, guided only by the sensations of sounds around him, walking through composite landscapes, sometimes concrete or musical, sometimes unreal, fictitious or synthetic, mutating constantly but layering like brushstrokes of sonic paint along his hesitant steps. from dusk to dawn, he wanders on a path sprinkled with touches of natural elements; water, air, earth, fire, glass, with the perceptions of humans; murmurs, breaths, crackles, snatches of voices, with manifestations of sudden granular waves or aural perfumes from unknown distant lands. here he perceives presences, there he guesses mysteries. maybe a bigger story is somehow slowly unfolding before his stimulated ears.

with this solo album, sprawling somewhere in between melodious electronica, lush ambient, musique concrète, and abstract experimental sounds, phil von took a break off von magnet's shores. now he confides within us these intimate imaginary ballets, inviting us to contemplate his invisible trances, some of which he composed for dance, street theatre and performance. twelve individual parts created for different occasions have been carefully concerted for this exceptional artist's first solo release since years. a captivating acoustic puzzle suitable to open up the listener's imaginary eyes. you are asked for a dance - please accept the invitation.

discography 04.2015:
blind ballet. cd. ant-zen act323. 2015
deadline now. cd. thisco thisk.41. 2006
l'autre nuit (w/ the gnawa musicians of fès). cd. prikosnovénie prik045. 2001

phil von on the internet:
philvon.free.fr

von magnet on the internet:
www.vonmag.net
www.facebook.com/pages/von-magnet/111081538963964

reviews:

fear drop
il y a quelque chose d'éminemment paradoxal et aussi de magnifiquement tragique dans un titre tel que blind ballet. ce titre, celui du deuxième album véritablement solo de phil von, ce titre exprime toute la tristesse du flamenco, style dont on sait l'empreinte qu'il a laissée dans la musique de son groupe von magnet, dans lequel il chante. mais s'isoler de von magnet c'est à vrai dire s'isoler aussi de ce qui en modèle les formes régulières. et c'est même, dans le cas présent, s'exprimer sans le chant. alors, repartons du premier indice, de l'instant paradoxal capté, de la frontière mal éclairée qui scinde les choses. chaque titre, avant même que la musique en soit entendue, semble s'insérer en ce même lieu d'aberration, de mise en danger, un espace où le dernier pas a été franchi dans l'espace tranquille avant que l'inconnu s'offre à la découverte nocturne : chien et loup ?, bleeding caress, wire dancer, without wings... les musiques nimbées de phil von vont alors organiser ces hypothétiques zones de passage entre les contraires. d'un homme aveugle, l'on dit souvent qu'il développe ses autres sens, et particulièrement l'ouïe. combien j'ai dit, déjà et passionnément, que les musiques informelles où la mélodie ne s'ébauche qu'en fredonnement, où le rythme n'est ressenti que dans le propre corps de l'auditeur, que ces musiques bourdonnantes fournissent le plus riche terreau à la mise en germe du paysage imaginé. ce disque de phil von aurait pu servir de manifeste. du souffle à la plainte, du tressaillement de corde mélancolique au travail du bois soumis aux rudes tensions du tangage, de la conversation de nuages ocre au murmure de la lumière, l'imaginaire danseur aveugle se figure un environnement tel qu'un caspar david friedrich de l'atlas aurait pu en dévoiler. les présences, sous formes de voix furtives, sont-elles des réminiscences ou bien des guides bienveillants ? à quel chiffre caché la courbe des cordes éclairées de tintements obéit-elle ? et les îlots synthétiques promettent-ils la vue recouvrée ou en confirment-ils la caducité ? savoir que certaines de ces pièces ont été composées pour le théâtre ou la danse ne les y soumet pas, elles sont leur propre théâtre, leur propre et autonome cinéma crépusculaire. une musique qui se déploie au gré des doigts la palpant afin de mieux la voir, et plaçant au-dessus de l'horizon où musique concrète et electronica mêlent leur eaux, la vague, le bourdon, et plus haut encore, toujours, l'âme. (denis boyer)

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